JEAN BUREL DE PLOUHINEC (FINISTERE)


fusillé le 3 juillet 1944 au camp d'aviation de Servel


Jean-Marie BUREL


BUREL Jean-Marie
Né le 13 décembre 1921 à Plouhinec (Finistère), sa famille demeurant au bourg de Plouhinec. Matelot batelier aux Ponts et Chaussées de Rouen. Condamné à mort et fusillé le 3 juillet 1944 au camp d'aviation de Servel près de Lannion (Côtes-du-Nord ; Côtes d'Armor).
Jean Burel travaillait avec son père qui était maître d'équipage aux Ponts-et-Chaussées de Rouen, 5 boulevard Croisset à bord d'un élévateur.
En fin d'année 1942, il est désigné pour aller travailler en Allemagne au Service du Travail Obligatoire (STO), pour y échapper il rejoint sa région d'origine.
Dès son retour il est un membre actif de la Résistance FTP dans la région d'Audierne. Il devient agent de liaison et de transmission de l'État-Major des Francs Tireurs et Partisans.
Ses missions l'amènent à Paris, Saint-Brieuc, Rennes, Carhaix, Guingamp.
Il se retrouve un moment au Cloître et à Kerderrien en Senven-Léhart dans un maquis aidant des cultivateurs aux travaux des champs.
Au lendemain du débarquement il rejoint un groupe de FTP dans le secteur de Guingamp et est en contact avec Jean Tallec qui sera lui aussi condamné à mort et fusillé.
Il participe dans la région de Guingamp à plusieurs sabotages en particulier sur la ligne de chemin de fer Paris - Brest.
Le 27 juin 1944 vers 14 h 30
7 FTP du maquis de Pont-Melvez (Marcel Berthelot, Jean Burel, René Forestier, Georges Herviou, Henri Prual, Jean Tallec et Hullen) viennent de réaliser des sabotages sur les lignes téléphoniques du secteur.
Ils sont attablés dans l'épicerie - café - restaurant Nicolas de Pont-Melvez lorsque 11 militaires Allemands font irruption sans doute à la suite d'une dénonciation.
Les FTP tentent de s'enfuir, un seul Hullen réussit, un autre René Forestier est gravement blessé atteint par des balles allemandes, les 6 autres se rendent.
Les 6 FTP arrêtés sont emprisonnés avenue de la Marne à Guingamp ils sont durant plusieus jours martyrisés.
Les Résistants et les Allemands ne connaitront jamais la véritable identité de Jean Burel, il ne sera connu d'eux que sous le nom de Jacques Le Goff né le 19 septembre 1919 à Ergué-Armel dans le Finistère.
Le 3 juillet 1944
Jean Burel et ses 5 camarades sont jugés et condamnés à la peine de mort par un tribunal militaire allemand. et fusillés au camp d'aviation de Servel près de Lannion (Côtes-du-Nord ; Côtes d'Armor), leurs corps sont exhumés parmi les nombreuses fosses le 18 septembre 1944.
Logeant à Guingamp chez Madame Jaffrennou, celle-ci retrouva après la mort de Jean Burel une veste lui appartenant, à l'intérieur sur un petit papier il avait mentionné sa véritable identité Jean Burel de Plouhinec, cela permis de l'identifier.
C'est son père qui est venu prendre possession de la dépouille de Jean Burel pour la ramener à Plouhinec où il fut inhumé.
Son nom figure sur le monument des fusillés du camp d'aviation de Servel et le monument aux morts de Plouhinec.
Un élévateur (batiment chargé d'aspirer la vase dans la Seine) des Ponts-et-Chaussées de Rouen a été baptisé à son nom le 23 mars 1947.
Une rue de Plouhinec porte également son nom, celle où il est né.
Son frère est disparu en mer lors du torpillage de son bateau au large de Casablanca.
Un de ses oncles a été porté disparu à Dunkerque au mois de mai juin 1940 lors de la drôle de guerre.

Sources :
-Archives dép. Côtes d'Armor 68J4, 165J10.
-Joseph Darsel, La Bretagne au combat, Le Signor, 1980, Eugène Kerbaul, 1 270 militants du Finistère (1918-1945), IRM Bretagne, 1985.
-Serge Tilly, L’occupation allemande dans les Côtes-du-Nord (1940-1944), Les lieux de mémoire, Cahiers de la Résistance Populaire dans les Côtes-du-Nord, n°10, 2004 et n°11, 2005.
-Témoignage de Nicole la soeur de Jean Burel.